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lundi 23 février 2009

Le noir sied à Edgart

Du 21 Février au 08 Mars 2009, l'Espace de la tour de Mably (42) expose Edgart, Catherine Haro et Joëlle Folliot .
Ces trois artistes proposent une exposition de qualité homogène : de peintures pour les deux premiers et de corseterie pour la dernière.

(Ci-à gauche : © Geishas/Catherine Haro et à droite : © Ateliersylphe/Joelle Folliot)
(Toutes les photos : P. Ciron)

Avant d'aller plus en avant sur le caractère incontournable et purement jouissif de cette exposition, je tiens tout de suite à avertir que cette première note ne développera uniquement que les sensations éprouvées à l'égard des toiles d'Edgart. Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est le seul artiste avec lequel j'ai eu personnellement l'occasion de parler suffisamment longuement lors du vernissage pour me faire une idée relativement objective du travail.

Edgart, de son vrai nom Jean-Yves Gardet est roannais et sa passion de la peinture n'a dégale que celle du cinéma. Il travaille d'ailleurs au cinéma d'art et d'essai de Roanne : l'Espace Renoir, ce qui, avouons le, le place en bonne position pour regarder ce qu'il souhaite, y compris les films du patrimoine que ce dernier projette régulièrement lors de thématiques (...)
Les films noir et fantastique (le vrai fantastique, issu des romanciers du XIXeme) le passionnent tout particulièrement, et c'est dans ce téreau que l'artiste va puiser son inspiration la plus féconde.
© La ronde de nuit (Edgart/Jean-Yves Gardet)

Auteur de toiles en couleur de tailles assez grandes jusqu'à il y a environ deux ans, (cf. le texte du programme de Mably), Edgart jouait plutôt sur une thématique rappelant les maîtres du surréalisme (Dali, Magritte,... et consorts), mais ces dernières toiles offrent tout autre chose.
Passionné tout autant de musiques dites gothiques (donc noires, encore), la thématique de cette noirceur a peu a peu envahit son travail, permettant à celui-ci de sortir d'un cadre trop restrictif rappellant un courant bien connu, et de développer des sentiments beaucoup plus personnels.

© Edgart/Jean-Yves Gardet

Tout en rendant hommage à des stars ou personnages clé du cinema, (Lynch, Karlof, Peter Lorre, Giger, ou à des films cultes : Le Dahlia noir, Les mains d'Orlac, Psychose, Frankenstein...), Edgart dévoile via ses toiles un goût immodéré pour l'étrange et la beauté des expressions, dans une précision du geste quasi chirurgicale. Il suffit de regarder ses nouvelles séries, dont les "Les 7 pêchés capitaux", petits formats mettant en scène quelques stars revisitées dans une expression particulière pour se rendre compte du talent évident du peintre :
Eclairage maîtrisé, justesse des regards... il faut se rapprocher au plus prêt pour essayer de comprendre comment un tel travail est rendu possible.
Les questions fusent : "Mais avec quelle sorte de pinceau travaillez-vous ?"

© Edgart/Jean-Yves Gardet

Mais Edgart, humble et discret ne semble pas bien intêréssé par l'énumération de trucs liés à sa technique...

Pour ma part, j'y ai vu l'oeuvre d'un artiste arrivé à maturité, dont on aimerait par exemple pouvoir contempler le travail sur ... une couverture de roman (Certaines toiles peuvent rappeler du Nicollet), ou dans une moindre mesure.. une affiche de cinéma. Ce dernier choix étant bien sûr... le sien.

... On aura l'occasion de revenir plus en détail sur les travaux de Catherine Haro et Joëlle Folliot dans une prochaine note détaillant leurs oeuvres.

Les artistes lors du discours d'inauguration du vernissage : Edgart, Catherine, Joëlle

mardi 16 décembre 2008

David et Abigail, ou la narration graphique comme outil pédagogique.

"Nul n'est prophète en son pays" est un constat souvent malheureusement établit. Roanne n'échappe pas à la règle, et combien ont souvent entendu qu'il ne s'y passait rien (...)
Outre le fait que périodiquement quelques évènements culturels viennent perturber cette (presque vraie) réalité, il existe quand-même à Roanne un certain nombre de professionnels, associatifs ou autres qui arrivent, ou sont arrivés ponctuellement, à force d'imagination, de ténacité et surtout de talent à poser quelques jalons.

On pourrait citer quelque galerie d'art, quelques bars programmant ou ayant programmé des concerts, quelque association ayant réussi à proposer des éditions et/ou des programmations de qualité (littérature, cinéma, théâtre, musique...), ou quelques employés ou contractuel municipaux ayant su faire accepter de nouveaux projets qui n'auraient sans doute sans eux jamais vu le jour.

L'atelier pédagogique proposé depuis 2007 autour de la peinture et de la bande dessinée au Musée Joseph Déchelette fait partie de ces "Atouts roannais".
Une originalité née de la passion et de l' expérience riches dans ces deux domaines de Christian Chavassieux, assistant au Musée depuis cette année 2007, et auparavant employé au service communication de la ville (et depuis peu auteur publié ).
Christian ayant déjà été rapidement présenté sur ce blog (*), aussi nous nous attarderons plutôt sur l'intérêt et l'originalité de ce projet.


"Mettre en évidence les méthodes de narrations dans la peinture : du tableau à la BD" a été à l'origine l'objet d'un rapport de FAT (Formation avant titularisation; 20p., Juin 2008), mais c'est d'abord la passion et l'intérêt que voue Christian C. à l'art en général et à ces deux médias culturels qui ont déclenché cette idée.

Présenter une oeuvre très narrative tirée des collections du Musée à des classes de CE2-CM et leur faire appréhender celle-ci grâce à une bande dessinée créée pour l'occasion, (re) développant en cases les scènes implicites (mais pas pour tout le monde justement) contenues dans le tableau, tel était l'objectif.

Le tableau choisi a été celui de Franken "David et Abigail" (vers 1630-1636), mettant en scène un épisode antique conté dans la bible. (Livre de Samuel XXV, 2-3)
Pour cela Christian a fait appel à Cedric Fernandez, alias Shingo, auteur de bande dessinée stéphano-roannais ayant été "découvert" (ou révélé ?) par l'association Ikon & Imago (2000-2007) dont il a fait partie avec Christian.
Ces deux se connaissent bien puisqu'ils travaillent ensemble sur quelques projets (C. Chavassieux : scénarios, C. Fernandez : dessin), et c'est ainsi qu'à put être réalisée une bande dessinée de trois planches, qui servirait à l'atelier comparatif. Cédric Fernandez a un trait très "classique" (dans le sens positif du terme) qui se prêtait d'ailleurs bien à la thématique antique du tableau.

Au final, et pour résumer, les élèves devaient, après explications auprès d'une animatrice, et "lecture" des 3 oeuvres (Passage du récit biblique, tableau et BD), puis repérage des trois grandes phases du récit, écrire eux-mêmes dans les bulles laissées vides à cet effet les dialogues des deux principaux protagonistes de "l'histoire".

Cet atelier a été un franc succès, ce dont je n'aurais jamais douté en tant qu'amateur de narration graphique. Et même si il pourra et devra connaître des évolutions (des pistes ont d'ailleurs été émises par Christian lui-même), les contingences techniques liées à une classe scolaire (timing, attention des élèves, car...) mettront sans doute un frein à celles-ci.

Toujours est-il qu'à l'heure où l'on ne compte plus les demandes d'animations autour de la bande dessinée, en milieu scolaire ou associatif (centres sociaux) (On peut d'ailleurs se demander si c'est un phénomène de mode, lié à la sur-production/médiatisation mondiale autour de la BD, ou, oserai-je : l'influence des divers ateliers proposés entre 2001 et 2007 par Ikon & Imago sur le bassin roannais ?); cette initiative se pose comme un des aboutissements les plus intelligents et pérenne qu'on puisse proposer dans ce domaine.

Une grande satisfaction, en tant qu'ancien président d'Ikon & Imago, et une belle réussite, qui j'espère pourra être mis d'avantage en perspective lors de prochaines manifestations autour de la bande dessinée.

mercredi 10 décembre 2008

Un rire, un limule, une pièce

L'élaboration de la pièce "le rire du limule", prend une tournure intéressante ces dernières semaines. En effet, le metteur en scène François Podetti (alias "Burt", dans Hero Corp, la série de Simon Astier sur Comédie), s'est adjoint le talent de deux créateurs de notre région : Jérôme Bodon-Clair pour la musique et le travail sonore, et Marc Bonnetin pour le décor "numérique".

Un trio d'artistes immédiatement et parfaitement sur la même longueur d'ondes. Rappelons que la pièce de Christian Chavassieux (auteur de "Le Baiser de la Nourrice") évoque la souffrance de Lucifer, le porteur de lumière, celui qui a semé le germe de la révolte dans le coeur des hommes, au spectacle décevant de la mollesse humaine, de sa soumission aux pouvoirs en tout genres, amour, argent, politique. "Qu'avez-vous fait de votre colère ?" clame du fond de son antre minéral, l'ange déchu.

Ce que l'on peut savoir de la mise en scène imaginée par François Podetti, conforte l'impression que cette création originale sera un des temps forts de la saison théâtrale roannaise.

Retenez votre 25 avril, au soir.

lundi 10 novembre 2008

Les messages photographiques de Guy Morisson

Il y avait eu un article sur le Blog d'hectorvadair, à l'occasion de l'une des précédente exposition de Guy Morisson, photographe roannais pas...comme les autres.
Un oeil sur le galet se devait donc de prendre le relais.


Ci-dessus : article du Progrès
du Mardi 04/11/08

Voilà un coup d'oeil sur ce que nous appelerons le "Reutlingen projekt", puisqu'il a été exposé pour la première fois dans cette ville allemande jumellée avec Roanne. Une idée sympa et originale que l'on ne pouvait pas ne pas aborder ici.

Au dessus : une des 101 photos sur le thème de la frontière
("Au délà du réel" ?; © Guy Morisson)


Ci-dessous, façon livre numérique, le rappel du projet :
(Cliquez sur le centre pour agrandir, puis servez-vous des flèches pour tourner les pages)


Guy Morisson : "Borderline" ? ... sûrement pas !



mardi 4 novembre 2008

Chez Lilou, on y dessine ...bien.

Revoilà des nouvelles de la "benjamine".

Partie de Roanne il y a quelques 4 années, Lilou, (Léah Touitou), jeune dessinatrice publiée par Ikon & Imago dés 2002 pour son petit récit graphique "Gris", traitant de la mort, et bien reçu par le public, était allée étudier à Emil Cohl, Lyon.

Entre temps, elle s'est fait remarquer avec un premier film "Mademoiselle " (2002) puis "Battement d’elle" (Léah Touitou et Grégory Wozniak, 2005), films présentés dans divers festivals, et que les roannais on eu l'occasion de découvrir à l'Espace Renoir; puis un livre : "Carnets à mots" (Bénévent, 2006)... bref, beaucoup d'activités, plus ou moins faciles à suivre.

Sur le net, après un passage sur le blog "chezLilou20six.fr", où l'écriture prédominait, la revoilà avec du graphisme, ... et quel graphisme !

On sent evidemment que les études sont passées par là, ... Mais quel plaisir de retrouver l'univers si chaleureux et éthéré de Léah.

Je vous laisse juger : Bienvenus chez Léah Touitou !

lundi 3 novembre 2008

Franck Perrot chez Chirat (retour)

Les affres du timing !
C'est ça : ce sont les affres du timing qui font que... la suite des projets de Mister Perrot arrivent avant les projets proprement dits.
Programmé pour le 29, mais perdu en cours de route, voilà donc un rappel sur le projet mené par Franck P. pour l'Imprimerie Chirat, de St Just la pendue.
Imprimerie que Franck connaissait déjà un peu, pour y être aller suivre avec quelques autres "onabokiens" la fabrication d'un autre livre : "A nos pères" (Onabok éditions), en Décembre 2003.

Franck ayant bien voulu faire passer cet article paru dans la revue Massif central entreprises, nous vous laissons découvrir par vous-même son travail, en attendant d'avoir l'objet à proprement parler dans les mains.

...Une belle initiative de l'entreprise, qui devrait connaître des suites.
On en reparle, chiche ?

samedi 1 novembre 2008

Franck Perrot, autres projets

Les contes de Perrot, ça vous dit quelque chose ? Il faudra vous habituer à cette orthographe, car le couple Perrot travaille ardemment sur plusieurs projets, dont un, qui les rassemble. Un conte écrit par Carine et illustré par son homme, Franck, le dessinateur le plus doué de notre large cercle (tranquille, je sais que les autres ne me contrediront pas). Projet secret pour l'instant, mais dont nous avons pu voir en exclusivité quelques planches, lire les versions du texte. Une belle idée, qui permet aux mondes orientaux et occidentaux de se côtoyer, dans une vertigineuse démonstration de savoir-faire graphique.


Pour ma part, Franck m'a demandé de lui écrire plusieurs choses. Je lui ai transmis deux contes. Il a déjà beaucoup travaillé sur le premier, intitulé "L'Arbre", et j'ai eu le bonheur immense de découvrir mon récit, mes personnages, mon "arbre", vivants sur le papier. Une merveille, au point que je ne doute pas de l'acceptation par un éditeur. C'est pas possible autrement, c'est pas possible.


Franck a également réalisé les illustrations d'un conte pour enfant écrit par Thibaud, (oui, le Tib du "Crayon qui fume"). Mais nous en reparlerons.