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mercredi 25 août 2010

Antoine Brivet jette l'encre à St Malo (Ces portraits Ma'Muse (4)

Antoine Brivet est un auteur roannais de 30 ans qui sort son premier album BD à la rentrée, chez l'éditeur Ankama. Le titre :
«
Tortuga », une histoire de piraterie et de malédiction, pleine d'aventure et de rebondissements, qui verra deux tomes.

Avant le lancement de l'album, à l'occasion du festival Quai des bulles de St Malo les 8,9,10 Octobre 2010… je suis allé rencontrer ce professeur des écoles dans l'appartement roannais qu'il partage avec sa compagne et leur jeune fille. A ce moment là, Antoine est en train de mettre la main aux dernière retouches sur son ordinateur.

F : C'est ta première publication ?

A : Oui, mais j'ai fait beaucoup de dossiers auparavant. Ce projet est scénarisé par Sébastien Viozat et colorisé par Virginie Blancher, (coloriste entre autre sur Mr Hyde contre Frankenstein, chez Soleil, mais aussi chez Delcourt, Soleil, Clair de lune, Ankama...) voir sa biblio sur : Crazy-pooh. On l'a trouvée et retenue suite à un appel sur le forum de Café salé, après une trentaine d'autres qui avaient répondu.

F : D'où viens-tu ?

A : Je suis né à Bourg en Bresse en 1980. J'ai fait un an de beaux arts à Lyon, mais c'était trop »conceptuel », J'en suis parti avant la fin de la première année... pour finir une BD commencée avec mon frère Mathieu. (plus vieux de 4 ans ndlr.) Il est prof à Boën et continue à dessiner pour le plaisir à l'occasion.

F : As-tu participé à des Fanzines dans le passé ?

A : Oui j'en ai créé un au lycée. Trois n° A4 de BD, poésie littérature... Un journal d'étudiant en fait.

F : Comment ça s'est passé pour cet album ?

A : Pour Tortuga, Sébastien m'a proposé son scénario, et on a décidé de ne pas trop s'avancer. On a proposé à Ankama d'aller sur mon site, où j'ai développé quelques illustrations sur le thème de la piraterie. Là il ont accrochés, puis on a fait trois ou quatre planches et le contrat a été signé.

J'avais déjà participé à un projet, scénarisé par Thierry Lamy (scénario accepté par le studio 7eme choc, cf Luc besson). … J'ai bossé trois mois dessus, pour m'entendre dire au final « non, finalement c'est pas ce dessin là qu' on voyait dessus. Donc, on s'est méfié ce coup là.

F : Comment travailles-tu ?

A : Sébastien me fait passer son découpage : ambiance d'une scène, case par case, où il n'y a que les dialogues. Je fait un story board, on en discute, puis une fois qu'il est ok je fais un crayonné sur format A3, puis j'encre à la table lumineuse, strips par strip, (strip au format A4 format paysage), puis je remet ensuite ces strips sous forme A3 via l'ordi en les scannnant.

F : As tu d'autre sollicitations ?

A : Oui, d'autres contacts avec d'autres scénaristes. Mais j'ai encore 113 pages à faire pour le tome 2, donc.. on verra après.

Le bouquin sort le 23 Septembre et sera présenté en exclusivité à St Malo début Octobre.

F : C'est un beau festival. On a celui de Lyon aujourd'hui qui est pas mal non plus. Il y a eu un gros effort de fait cette année. Bizarre qu'ils l'aient placé le week-end de la fête de la musique... Tu vas faire tes premières dédicaces en Bretagne alors ?

A : Oui. ... L'éditeur devrait nous payer le voyage j'imagine. Je vais sûrement monter avec Guillaume (Griffon; autre auteur de Roanne publié, chez Akiléos.)

F : As-tu été associé à l'histoire ?

A : Non, rien du tout. Je donne mon point de vue sur les dialogue, comme Seb donne son point de vue sur les dessins, mais après.. Le tome 2 sera encore plus dynamique.

F : Sebastien a t-il déjà publié d'autres histoires ?

A : Oui, chez Ankama, « Ma vie de Zombie », « Avec les morts » « Paul Neutron, chez Teloma), ainsi qu'un autre truc chez Soleil aussi. Oui, il commence à faire sa place.

(A ce moment là, j'interpelle Antoine sur la musique qui passe en fond dans le lecteur CD, et qui me dit quelque chose )

A : Ce sont les Les Dead weather.

F : A ok. Je me souviens la vidéo que tu m'as envoyé l'autre jour. Celle avec le combat de mitraillettes entre Allison Mohart et Jack White. ("Treat me like your mother") Hallucinant. Sacré jack White !

A : Ouaip. En musique, j'étais très Metal adolescent, et puis rock. Maintenant j'écoute de tout.

F : Oui, j'ai vu ça. Je me suis reconnu dans quelques un de tes goûts. Mais en même temps, la scène alternative à laquelle tu fais allusion dans tes échanges de vidéo (sur Facebook en l'occurence) n'est pas connue de tout le monde non plus.

A : J'écoute un peu de tout. Du jazz, des musiques de film...

F : Et en BD, tu achètes beaucoup ?

A : Ah oui, beaucoup. Je dois en avoir .. je sais pas.. 1500/2000 albums. J'achète 4 ou 5 BD par mois.

F : Allons voir. (on se dirige vers le petit bureau où des étagères sont remplies d'albums)

...Tout Thorgal... Alef Thau, en réédition, Jérémiah, Jérome K Bloche, Broussaille de Frank, Anita bomba, du Kraen, Swolfs, les Treize..d'accord, beaucoup de séries complètes donc.. Péllerin : l'épervier.. ah c'est bon ça...Golden city...Akira, Hellboy, 421, Long John silver...Beaucoup de bouquins d'illustration jeunesse aussi.

A : Ca c'est plus ma femme. Qui est aussi prof des écoles.


F : Pas de comics par contre ?

A : Non très peu.

F : Et pas trop de choses anciennes.. à part Thorgal...

A : Si, chez mes parents j'ai les Blueberry, Jerry spring...Buddy longway...Tony stark...

J'ai aussi des Tintin, mais... c'est vrai que souvent une BD je l'achète pour son dessin.. et si l'histoire est super, et bien.. tant mieux.

F : Bien, et ça t'as pris comment la Bande dessinée à l'époque ?

A : Je crois que c'était avec mon frère.. grâce aux BD Total … les BD souples offertes par les stations services. On avait eu un Blueberry et un Jerry Spring.

F : Comme quoi, ça marche ces opérations !...

A : Oui enfin, disons qu'on dessinait beaucoup et une fois qu'on a lu ça.. On aimait beaucoup créer et on était très western, à fond, que ça.. On a créé deux petites histoires.. et voilà.

F : J'écoutais tout à l'heure Riad Sattouf à la radio qui disait que la bande dessinée était un des rare métiers qui te permettait de glander un peu à côté, de jouer un peu aux jeux vidéos, de rester sur des hobbies « jeune" quoi.

A : Glander ?... Je crois que c'est un des boulots les plus... les gens ne se rendent pas compte.

On lit une BD en vingt minutes, mais il y a beaucoup de travail. Il y a au moins 5 ou étapes par planches quand tu y penses. Entre le découpage scénaristique, découpage graphique, le crayonné, l'encrage, la couleur...

F : Oui, enfin pour relativiser ses propos, c'est vrai que Sattouf à un style qui est assez différent du tien. On n'est pas dans un dessin réaliste qui demande autant de technique non plus..

A : Oui, tout comme un Trondheim mettra moins de temps j'imagine à faire une planche qu'un Lauffray (Matthieu Lauffray, dessinateur de Long John Silver ndrl.)

En tous cas c'est énorme comme travail. J'ai pas le temps de jouer aux jeux vidéo moi, à côté.

F : Sur quels horaires travailles-tu ?

A : Bein ...quand j'ai du temps. Je travaille à l'école deux jours par semaine, comme prof des écoles en maternelle. Donc à mi-temps. On va dire que j'ai une demi journée de préparation au minimum...

Après j'ai quoi.. le Lundi pour moi, pour dessiner, sinon je garde ma fille... et le mercredi, samedi et Dimanche : dessin dessin dessin.

Je garde aussi du temps pour ma famille mais là par exemple, ça fait quinze jours que je suis sur les retouches.. ça pas été marrant pour ma femme... Couché tous les jours à minuit/une heure... Mais il fallait que je finisse absolument dans les temps.

F : Quels conseils pourrais-tu à donner aux (très) jeunes apprentis dessinateurs ?

A : Dessiner dessiner dessiner.. et lire. Des livres d'anatomie par exemple.


F : Lesquels ?

A : Ceux de Burne Hoggart par exemple. Les basiques quoi. Parce que mis à part apprendre auprès d'autres dessinateurs, on apprend jamais autant qu'en pratiquant , en dessinant soit-même sans arrêt.

De toutes façons il faut se dire que ce n'est pas le premier projet qui va passer... J'en ai présenté combien : une dizaine avant celui-là.. qui ont tous été refusés...

F : Et Angoulême, tu es déjà monté ?

A : Non, jamais. Je ne suis pas trop festival d'ailleurs. J'ai toujours envoyé mes dossiers. C'est pas mon truc de rencontrer les éditeurs.

F : C'est vrai que souvent les jeunes qui débutent visent d'entrée l'édition d'un album en allant voir les grand éditeurs, sans prendre la peine d'envoyer des essais par voie postale, dans des revues...etc. C'est une erreur je pense.

A : Oui, enfin moi, j'ai un travail à côté. Mais j'ai toujours eu envie de faire quelques chose que j'aurais pris plaisir à lire moi-même. J'ai vraiment envie de faire de la BD; pas de l'illustration. Je me suis donné les moyens; et j'ai protégé mes arrières en me disant...si ça ne marche pas...

F : Effectivement. Je trouve que tu es vraiment sur une répartition intéressante. C'est sûrement la recette du succès, avant d'aller plus loin. L'éducation d'un côté, et ce travail artistique de l'autre, qui commence à porter ses fruits... c'est plutôt positif.

A : Oui enfin, là je ne me rend pas bien compte. Je travaille encore comme un amateur... avec mes crayons ma feuille de papier. Pour moi tant que la BD sera pas sortie, je suis pas édité.

F : C'est une attitude responsable et humble qui est honorable. En tous cas, après, ta création va te dépasser et « t'échapper ».

A : Oui. Mais je continuerai à présenter des dossiers durant la préparation du tome 2 quand même... pour tenter d'enchaîner ensuite...parce qu'il faut bien manger quand même, ce n'est pour ce que ça rapporte par planche.

F : Parce que tu es sensé toucher combien sur les ventes? 10 % ?

A : Tant que l'éditeur ne s'est pas remboursé l'avance sur droits, je ne touche rien.

> après : 6% (les 2000 premières ventes), 8 % les 4000, et ensuite 10 %

Mais ce n'est pas pour ça que je l'ai fait non plus. Tout ce que je voulais, c'était avoir mon premier album. C'est tout.

Tiens au fait, j'ai un copain qui a fait une bande annonce pour Tortuga.

F : Ah oui ?, fait voir ça.

...On regarde le film sur son ordinateur, ...et là, un vrai bande annonce en dessin animé défile devant mes yeux ébahis.

Extrait du Texte off :

« 1664, sur l'île de la tortue, minuscule île perdue au milieu des caraïbes, la flibuste s'est tue deux ans plus tôt, à la mort du légendaire capitaine français, le légendaire l'Ankou. Depuis, le terrible gouverneur espagnol Don Juan Valverde règne d'une main de fer sur cette ïle qui abrite de nombreux exilés français et servit autrefois de repère à tout ce que la flibuste compte de pirates. Délaissé, délabré, sans voile et sans équipage, un navire n'attend que la volonté des pirates dont le coeur vibre encore pour le large et le combat. Pour cela il leur faut un nouveau guide et maître, quelque chose de plus que le souvenir de leur capitaine..

Une aventure où l'intrigue politique, les légendes et la magie se sont donnée rendez-vous... sur l'île de Tortuga. »

Moi , suite au générique : Voix de Jaques Chambon ?

A : Oui, la voix de Merlin dans Kameloot.

F : Qui a payé ça ?... c'est en ligne ??

A : Non, pas encore. J'avais demandé une bande annonce à un copain du métier (Raphael Penasa, qui a une boite sur Lyon), et en fait il y a passé un mois dessus, je crois avec Hérik Meyer (...) Pour rien.

F: Balèze. Belle carte de visite. Classieux.

A : Ca sera visible sûrement sur la Bedetheque de BDgest(©) et sur son site lors de la sortie : http://www.raphaelpenasa.com

F : Bonne chance Antoine. Et merci de ton accueil. On a hâte de lire ce premier tome prometteur en tous cas.

Album Tortuga. Tome 1 à paraître le 23 Septembre chez Ankama.

> Voir le blog d'Antoine sur Ankama

> Interview réalisée le 28 Juin 2010 à Roanne (F. Guigue/A. Brivet) Une version abrégée a paru dans la revue La Muse n°14.

Planches 6, 7, 8, 9 et tous les autres documents : publiés avec l'aimable autorisation de l'auteur. (© Antoine Brivet/Anakama)

Ps : "Ce portait m'aMuse" #3 a été consacré à Patrick Biesse et a paru dans la Muse # 11. Lisible en ligne (PDF sur leur site)


dimanche 30 mai 2010

la Filoche, live Riorges 28 mai 2010

Alexis Faucomprez, facteur de scie musicale riorgeois fabrique et accorde ses instruments pour de nombreux artistes, internationaux. Il organise depuis trois ans un stage pour ce drôle d'instrument au château de Beaulieu, à Riorges (voir Sciemusicale.fr) et s'est investit ce mois-ci dans la création d'une nouvelle association.
"Oscillation" c'est son nom, a pour but de mettre justement en valeur les instruments différents, peu connus... à l'aide de stages, de concerts, publications...etc.
C'est dans ce contexte créatif et pédagogique que s'est tenu le concert du groupe "La Filoche" samedi soir, à la maison de quartier du Pontet.*

Pas la meilleure date, quand on sait qu'un festival rock populaire se déroulait le même week-end pas loin, et pas le meilleur endroit, puisque celui-ci n'est pas spécialement connu pour ses concerts...
Tant pis. Les quelques personnes venues pour découvrir ce groupe lyonnais n'ont pas regretté leur déplacement.

La Filoche, c'est avant tout Philippe Brosset, guitariste, entouré de très bons copains instrumentistes.
> Le style ? : plutôt classique et chanson si l'on se réfère au Cd disponible "le levant" (allusion à un hôtel très particulier dans lequel notre compositeur a un jour joué), mais bien plus que cela en live.

La Filoche, c'est un jeu et un répertoire à la palette musicale très large. Philippe, papi depuis peu a de l'expérience, "de la bouteille" comme on dit, et cela se sent dans ses compositions : classique, bossa, trad, country, le tout avec des colorations jazzy voire rock grâce à une belle dexteriété et un jeu souvent nerveux.

L'accordéon, (Renaud Maitre), la contrebasse (Laurent Fellot), la batterie (Sebastien Touzeau, aux ballets), tous très bien joués, et la trompette habituellement tenue par Cedric Gautier a été remplacée au pied levé ce soir là par le saxophone soprano de Christophe Chamczyk
, finissant de donner exceptionnellement une couleur encore plus jazzy au répertoire. Ces musiciens sont accompagnés par de nombreux autres petits instruments étonnants, dont la scie musicale, joués par Alexis lui-même.

Au final, c'est une formation très soudée, homogène et complémentaire qui a déployé son flow de très bonnes vibrations à Riorges, permettant au public présent la découverte d'une formation que l'on aura grand plaisir à revoir sur le roannais.

Photos : F. guigue (certains droits réservés)
(*) La soirée s'est terminée avec quelques prestations improvisées de scies musicales, par certains des stagiaires présents et leur professeur.

La Filoche contact sur Myspace et tel : 06 12 34 49 31
Un CD "Le levant" disponible, mais celui-ci ne rend pas vraiment justice à mon goût aux vraies présence et énergie scéniques du groupe.

Un extrait live pour s'en rendre compte (comportant un petit emprunt au "I'm a man " de Chicago ndlr):





mardi 13 avril 2010

L'envol du Griffon (Ces portraits m'aMuse n°2)

Rappel : Pour tout ceux qui ont loupé les 2 portraits de dessinateurs déjà publiés sur cette revue locale bien connue, je me disais que ca aurait pu être sympa de les retrouver ici après parution de la forme papier, avec à l'occasion, quelques compléments typiques du web. (Liens, ...etc.)
> Ceux-ci remplaceront les CV d'Hectorvadair, précédemment postés ici, qui iront eux se (re) faire voir sur leur propre blog, car on est censé parler local ici, non mais !

On commencera par celui consacré à Guillaume Griffon, du numéro 10. Et le n° 1 consacré à Franck Perrot suivra, rétrospectivement.
> Vous avez compris ? Non, bon et bien tant pis.
... Merci à toute l'équipe de la Muse !


L'envol du Griffon (Muse 10)

"Mais bon sang, qu'est-ce qui se passe à carson City ? c'est l'apocalypse ou quoi ?"
(Hector in : "www.culturo poing.com", 2010)

Griffon ! un nom sur lequel pas mal de lecteurs comptent dorénavant et depuis environ cinq ans. Le dernier album de ce roannais a paru pour Angoulème fin janvier, et déjà , en Mars, 4500 exemplaires avaient trouvé preneur.
Dire qu'il y a encore des gens qui croient que la BD c'est juste de la couleur !
Et pourtant.. comment imaginer ce style si particulier autrement qu'avec ces aplats
sombres et ces superbes contrastes ?

Guillaume est né en 1975. Pas super intéressé par le milieu scolaire, il rempli très tôt plutôt de dessins ses cahiers de cours.
Emil Cohl (Lyon) étant semble t-il l'une des destinations très prisées de nos dessinateurs locaux, il y rentre avec motivation et en sort en 1999 avec son diplôme d'illustration - peinture en poche.
Dans le cadre d'un partenariat entre l'établissement et Disneyland (Orlando, Usa), il part un an et demi aux Etats-unis, où il parfait la technique de la caricature (...) mais ce n'est pas Disney qui lui donne le goût du "Z"

> Le noir, le fantastique, cela vient de "(mal)saines" lectures : revues Ere comprimée, Fantastik, où Guillaume découvre entre autre le génial Richard Corben, mais aussi "Tales from the crypt" et ce genre de récits noir tirés du style EC comics.
L'influence de son grand père peintre est aussi forte , lui qui l'aidait étant petit à peindre par exemple les figurines en plomb de la série "L'appel du Chtulhu" (Grenadier, 1985) ... Tout un programme !

C'est cependant ce genre de références (Lovecraft, Poe, Corben), et les univers oniriques et décalés qui en découlent qui forgent le style du jeune Griffon.
Lorsqu'à la même époque, ses parents lui autorisent le tout nouveau film "Creepshow" (sketchs de Stephen King), c'est aussi naturellement qu'il se voit offrir la bande dessinée correspondante, mise en images rien moins que par le maître du macabre : Bernie Wrightson ! (Albin Michel, 1985)
Ajoutez à cela un goût immodéré pour les peintures fantastiques (Frazetta et consort...) et les films fantastiques de genre typés 70's ou 80's, et les dés sont jetés.

De retour des Etats-unis, Guillaume doit cependant trouver un job. Et bien que son aptitude au dessin de plus en plus visible lui offre quelques opportunités (fresque du Baker street à Roanne, par exemple), il repart pour un an à Emil Cohl afin de bosser l'infographie.
Puis ce sera deux ans de travail dans l'entreprise familiale, avant de monter à Angoulème en 2005 avec l'équipe d'Onabok (Roanne) dont il s'est rapproché quelques mois plus tôt, et où le contact heureux avec une maison d'édition se fait enfin.

Nous sommes à l'aube de 2006, et Nathalie, artiste peintre et infographiste rencontrée lors de leurs études à Roanne lui donne un fils. Il est alors temps de penser aux choses « sérieuses » : la série B (pour « Billy Wild») peut commencer !

De la veine ?, pas si sûr. Le style de Griffon nous offre un bol de culture US dans une BD française qui se cherche à nouveau en ce début de deuxième millénaire, et on peut parier que Guillaume a retrouvé une recette qui a déjà fait mouche, ailleurs et en d'autres temps.
So, well done mister Black !

> Dernière Bd publiée : "Apocalypse à Carson city" Akiléos, Janvier 2010

Le site officiel de Guillaume.



© Portrait photo et texte : F. Guigue
Autre images :
• Extrait d'une planche d'une nouvelle adaptée de Lovecraft : Le Griffon (Horacio Lalia, in « Le Grimoire maudit », Albin Michel 1998)
• Figurine en plomb de la série « L'appel du Chtulhu » (Grenadier 1985)

lundi 29 mars 2010

La gare (No'made)

Ce Vendredi 26 Mars la compagnie No'made proposait sa création 2009-2010 au TMR, après une résidence méritée dans ses locaux.

Le théâtre de Roanne, rempli en grande partie d'un public assez jeune et populaire dû à l'origine de la troupe (quartier Matel de Roanne) a pu se délecter d'une heure de vrai, de grand spectacle.

Dire que ce qui nous a été proposé valait le prix de l'entrée est un euphémisme, tant la qualité de la danse, de la mise en scène, de la programmation musicale n'a rien laissé au hasard.

La compagnie No'made est issue de la compagnie roannaise Melting potes, et si aujourd'hui parmi les 6 danseurs principaux ont trouve encore quelques profils issus des origines de celle-ci, tous ont acquis un statut de danseur "professionnel" dans ce que ce mot a de rapport avec la perfection.*


Perfection car il a été difficile de déceler une erreur, un faux mouvement, un mauvais enchainement, un manque de coordination... difficile de ne pas remarquer aussi la grande ouverture culturelle proposée par la sélection musicale, faisant aussi bien appel à James Brown, qu'à de l'électronique, du hip hop plus classique, de la musique classique, ou brézilienne...

Grâce dans les mouvements aussi, joie de danser, de donner, tout cela a été reçu pleinement par les spectateurs, impressionnés aussi il semble par l'endurance de ces danseurs, soumis à de nombreuses torsions, et à des mouvement plutôt sportifs.

La mise en scène, avec son décor de gare était aussi très réussi, et quelques effets simples de lumières étaient intelligemment utilisés, transformant par exemple un simple carré par moment en ascenseur ( ...)

L'humour est aussi l'élément agréable de ce spectacle de danse, qui, bien que gérant certains intermèdes a apporté aussi un petit plus au scénario.

En bref, je ne saurais que trop vous conseiller de suivre cette troupe et de découvrir leur spectacle. Nul doute qu'elle est déjà en route vers un bel avenir.

(*) Après sa participation en 2002 au défilé de la biennale de la danse à Lyon, la compagnie a obtenu diverses médailles ainsi que la seconde place au concours national de danse hip hop (St Brice 2006) et au moins deux de ses danseurs sont professeurs (Lanine Drici et Candice Jousset)

> Voir la présentation de la compagnie sur Youtube

dimanche 29 novembre 2009

La Muse m'hébète. (Les CV d'Hectorvadair 1)



Contacts La Muse : lamuse@lamuse.biz
06 81 53 67 67

Notes : A propos de ma (mes) remarque sur la bande dessinée : C'est le terme "Bédéiste" que je reprocherais amicalement aux auteur(e)s de l'article (page 13 à propos de l'exposition de Franck Perrot et Thibaud Mazoyer au parc Beaulieu de Riorges), puisque cette appellation tout à fait subjective même si elle a pu apparaître dans notre dictionnaire (à vérifier) reste tout à fait inaudible à mes oreilles. Celle-ci renvoie en effet par sa phonétique une image "dégradante" de l'auteur de bande dessinée, tout comme certains autres mots en "iste" ou en "aste". (bédéaste n'est pas mieux à mon goût.) On pourra en débattre, tout comme de l'utilisation systématique et fainéante dans beaucoup (trop) de supports de presse du raccourci "BD" pour "Bande dessinée".
C'est dommage pour une revue qui souhaite mettre en avant ce média.
... Quant à la phrase "leur style ne se retrouve nulle part, il est une fusion qui navigue entre le manga et la BD belge. Un pure création roannaise " (...) c'est sans doute oublier toute la bonne bande dessinée française qui est très riche depuis ... au moins les années 70.
Ces remarques pointilleuses mises à part, bravo cher(e)s confrères (soeurs) !

Ps : Retrouvez d'autres CV d'Hectorvadair sur : http://leblogd-hectorvadair.blogspot.com

dimanche 15 novembre 2009

Et les autres, alors ?

Shingo poursuit sa carrière professionnelle avec les éditions du Zéphyr et d'autres projets, initiés au sein du studio de dessinateurs Gotferdom (orthographe non certifiée).
Thibaut a produit une dizaine de planches excellentes, à partir du scénario de Christian (enfin, de mon scénario, ça fait drôle de parler à la troisième personne, et de découvrir ensuite que le billet est signé "Christian", je vais donc désormais parler directement). Donc : sur mon scénario, que Thibaut a eu la gentillesse de me demander. L'histoire d'un jeune garçon embauché pour servir de valet au redoutable dictateur Spathül. Thibaut a travaillé énormément sur les personnages et sur l'aspect tortueux et monumental du décor. On peut voir l'évolution de son travail sur son blog "le crayon qui fume". Une réussite graphique. Je suis sûr que ça va marcher.
Franck Perrot démarche en ce moment les éditeurs, (de livres pour enfants, surtout). Il a illustré deux de mes contes (des images à tomber à la renverse), ainsi qu'un conte de Thibaut (décidément, des passerelles dans tous les sens entre auteurs qui se comprennent) et un de son épouse. Autant de projets qui, bon sang, fourmillent d'atouts. Suffit de frapper à la bonne porte, au bon moment. Pas gagné pour autant, mais bon.

Thibaut et Franck exposeront prochainement à Riorges, au château de Beaulieu.

De toits à moi

Tandis que les anciens d'Onabok tentent de percer, la cadette, LiLou, fait son chemin sans sourciller, droit devant, vent debout. Son premier album, excellent, a fait l'objet d'une rubrique vidéo sur Kronix, et le prochain (dont votre serviteur a eu la chance de voir la maquette) est bien parti pour faire un succès.


http://kronix.hautetfort.com/archive/2009/10/04/lilou-en-60-secondes.html


De toits à moi, Léah Touitou. La cabane sur le chien. Livre illustré couleurs. 12 euros.